« Nature morte aux citrons » 1918

Date
Technique(s)
Aquarelle sur papier
Dimensions

38 x 28 cm

Signé en bas à gauche

"Marevna"

Daté au verso

"1918"

Marie Marevna né Marie Vorobieff-Stebelska grandit en Russie et s’installe à ses 18 ans à Moscou. Elle étudie à l’école des arts décoratifs Stroganov et à l’Académie libre et y découvre les Primitifs Italiens mais aussi l’Impressionnisme et le Fauvisme.

Elle voyage ensuite à Rome et à Capri où elle rencontre Maxime Gorki qui, inspiré d’un conte russe, lui donne le surnom de marevna, petite princesse de la mer.

Arrivée à Paris en 1912 elle rejoint la Ruche et étudie dans les Académies de Zuloaga, Colarossi et à l’Académie russe avec ses compatriotes Chana Orloff, Jacques Lipchitz et Ossip Zadkine. Elle expose très vite aux Salons des Tuileries puis des Indépendants.

Ses premières toiles uniquement influencées par le cubisme synthétique évoluent très vite vers un style plus personnel intégrant également les leçons pointillistes de ses ainés. Ses toiles rencontrent un beau succès et intéressent Léon Zamaeon et Gustave Kahn, ses premiers mécènes. Parallèlement, elle se lie d’amitié avec les peintres de Montparnasse auxquels elle rend hommage dans sa toile de 1962, Hommage aux amis de Montparnasse, conservée au Musée du Petit Palais de Genève. En 1916, elle rencontre Diego Rivera avec qui elle aura une fille, Marika.

Très grande portraitiste, Marevna a également peint des natures mortes et des paysages mais aussi des textiles. Elle a notamment vendu à Paul Poiret des écharpes et cravates aux motifs russes colorés.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Marevna se réfugie sur la Côte d’Azur avant de suivre sa fille et son gendre en Angleterre en 1949. A partir des années 1960, elle vit entre Paris et Londres. Elle y expose ses toiles mais les présente aussi au Japon, aux Etats-Unis ou encore en Israël. Deux rétrospectives lui sont consacrées : une au Petit Palais de Genève en 1971 et une post-mortem – elle meurt en 1984 à Londres – musée Bourdelle de Paris en 1985.

Cette nature morte saisit par sa fraicheur. Sur une table sont disposés un verre et une carafe russes et des citrons. La touche est pointilliste et ses tons pastels sont intensifiés par l’emploi de couleurs complémentaires. La couleur forme les ombres et le relief.

Marevna s’éloigne ici d’une inspiration cubisme et d’une structure de l’espace par des diagonales. Elle s’inscrit dans l’héritage pointilliste, rappelant également ses origines et s’inscrivant plus largement dans la tradition nordique de la nature morte que Marevna avait pu voir au Louvre lors de son passage à Paris ou lors de ses études.

Par son fond neutre, la scène est intemporelle, en suspend comme si l’artiste avait préparé cette table pour l’amateut.