« Pour Ubu », 1918

Technique(s)
Encre et lavis sur papier

Dimensions:

13x25 cm

Signature:

Signé et daté en bas au centre de l'oeuvre "G. Rouault 1918", et titré en bas à droite "Pour Ubu"

Provenance:

Galerie Klébert (porte une étiquette de la galerie au dos du montage) Certificat du Comité Georges Rouault

D’abord apprenti chez le peintre de vitraux Émile Hirsch, Georges Rouault suit les cours du soir de l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Employé par le même Hirsch de 1887 à 1891, il est admis aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jules-Élie Delaunay et, à la mort de ce dernier, entre dans l’atelier de Gustave Moreau où il côtoie Matisse, Marquet, Manguin, Huyot et Léon Lehmann auquel il restera très lié. Il participe à deux reprises, sans succès au concours du prix de Rome mais obtient le prix Chenavard en 1894 et le prix Fortin d’Ivry en 1895.

 

Nommé en 1898 conservateur du Musée Gustave-Moreau, à Paris, il fait en 1901 la connaissance de Huysmans, et fonde en 1903 avec Matisse et Marquet, le Salon d’automne.

 

Georges Rouault aborde des thèmes liés à une observation critique de la société : juges, avocats, salles d’audience, miséreux, émigrés, fugitifs, sont autant le reflet d’une révolte face à la misère humaine qu’un prétexte à des recherches sur les formes et les couleurs.

 

En 1917 Rouault se lance dans sa grande aventure gravée autour du personnage d’Ubu (œuvre qui sera exposée en 1938 au Museum of Modern Art de New York). C’est l’époque de notre dessin, qui évoque le mythe du Père Ubu, forgé par l’écrivain Alfred Jarry et célébré par le galeriste Ambroise Vollard. Figure de l’absurdité des hiérarchies politiques, ce personnage sera un thème majeur de la peinture de la fin des années 1910 au début des années 1930, notamment traité par les dadaïstes et les surréalistes Ernst, Miró, Matta… Rouault illustrera d’ailleurs un ouvrage intitulé « Les réincarnations du Père Ubu » en 1925.

 

Reconnus par les collectionneurs et les marchands pour leur grande force, les travaux de Rouault connaissent le succès dès les années 1910. Maurice Girardin lui achète plusieurs œuvres et, en 1917, Ambroise Vollard acquiert l’ensemble des toiles de son atelier, soit 770 œuvres. Cette acquisition causera un procès en 1946 avec les héritiers de Vollard. Le tribunal reconnaissant à Rouault la propriété de ses œuvres, l’artiste brûlera 315 de ses tableaux en 1948 en présence d’un huissier. Renonçant à la peinture en 1957, il s’éteint un an plus tard et le gouvernement lui offre des obsèques nationales à Saint-Germain-des-Prés. Sa famille conserve son dernier atelier, rue Émile Gilbert à Paris (il s’agit aujourd’hui du siège de la Fondation Georges Rouault), et en 1963, procède à une donation de ses œuvres à l’État.

 

 


 

 

First apprenticed to the stained glass painter Émile Hirsch, Georges Rouault attended evening classes at the National School of Decorative Arts in Paris. He then worked for Hirsch from 1887 to 1891.

He was finally admitted to the Beaux-Arts of Paris in the studio of Jules-Élie Delaunay. On the latter’s death, he entered the studio of Gustave Moreau where he met Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Manguin, Albert Huyot and Léon Lehmann to whom he will remain closely linked. He failed twice at the Prix de Rome but won the Chenavard Prize in 1894 and the Fortin d’Ivry Prize in 1895.

 

Appointed curator of the Gustave-Moreau Museum in Paris in 1898, he met the art critic Joris-Karl Huysmans in 1901, and, in 1903 founded the Salon d’Automne with Matisse and Marquet.

 

Georges Rouault dealt with themes linked to critical observation of society: judges, lawyers, courtrooms, the needy, emigrants, and fugitives. These figures are as much a protestation against human misery as a pretext for research on shapes and colors.

 

In 1917 Rouault started his engraving adventure based on the character of Ubu (a work to be exhibited in 1938 at the Museum of Modern Art in New York). This is the time of our drawing, which evokes the myth of Father Ubu, created by the writer Alfred Jarry and celebrated by the gallery owner Ambroise Vollard.

Figure of the absurdity of political hierarchies, this character will be a major theme of painting from the end of the 1910s to the beginning of the 1930s, especially in the Dadaists’ and the Surrealists’ works (Ernst, Miró, Matta …).

Rouault also illustrated a work entitled « The reincarnations of Father Ubu » in 1925.

 

Recognized by collectors and dealers for their force, Rouault’s works were successful from the 1910s. Maurice Girardin bought several works from him and, in 1917, Ambroise Vollard acquired all of his workshop’s canvases (770 works). This acquisition will cause a lawsuit in 1946 with Vollard’s heirs. After being recognized owner of his work by a legal court, Rouault burned 315 of them in 1948 in the presence of a bailiff.

Giving up painting in 1957, he passed away a year later and the government offered him a national funeral in Saint-Germain-des-Prés. His family kept his last studio, rue Émile Gilbert in Paris (now the headquarters of the Georges Rouault Foundation), and in 1963, made a donation of his works to the State.