Geer VAN VELDE (1898-1977)

Né dans une petite ville des Pays-Bas, Geer van Velde est le second fils de Willem Adriaan van Velde, alors patron d’une petite affaire de transport fluvial de bois de chauffage et de charbon sur le Rhinet de Hendrika Catharina von der Voorst, fille illégitime d’un comte. La famille comptera quatre enfants (Neeltje, née 24 janvier 1892; Bram, né le 19 octobre 1895; Geer; Jacoba, qui sera écrivain née le 10 mai 1903) et sera vite abandonnée par le père après la faillite de son commerce, laissant dans une grande misère les enfants et la mère qui « s’usera en lessives pour survivre ». Déménageant beaucoup, ils finissent par s’installer à La Haye en 1903. À l’âge de douze ans, en 1910, Geer devient apprenti décorateur dans la firme Schaijk & Kramers où Eduard H. Kramers l’encourage à développer son intérêt pour la peinture, comme il l’a déjà fait pour Bram. L’expérience chez Kramers est enrichissante. Travailler la texture comme apprenti décorateur, puis affronter le carnet à dessins ou les premières toiles permet le meilleur enseignement au rapport matière, couleur, surface. Geer fait son service militaire dans la Croix-Rouge, puis entreprend le tour des Flandres à pied en peignant des enseignes pour gagner sa vie et en profite pour peindre sur le motif. Ce sera là la seule école artistique de cet autodidacte.

Le pays qu’il traverse est alors une succession de plaines et de villages. Les Van de Velde du xviie siècle nous les ont fidèlement restitués et, en trois siècles, ils n’ont guère changé alors qu’aujourd’hui, ils ont complètement disparu sous l’essor de l’industrialisation. Geer a-t-il vu ces œuvres? Sans doute. Au Stedelijk Museum de Leyde, au musée municipal de La Haye et au musée Mesdag de La Haye. Ces tableaux, et particulièrement ceux d’Hendrik Willem Mesdag (vers 1880) nous dévoilent des brassées de ciels, des horizons infinis et une palette de couleurs toute en nuances. Très novatrice pour un temps leur préférant encore les traditions de la peinture exotique ou celles de la mise en valeur des faits militaires, cette vision marque profondément Geer. Et puis il y a Van Gogh, le prédécesseur; celui qui, le premier, a su saisir le chatoiement surgissant des dunes, ces ocres, ces gris, ces rouges émiettés qui transforment le morne et répétitif paysage en « espace fictif ». Les premiers dessins ou aquarelles de Geer van Velde où la structure d’une église ou d’une maison échappe à sa lourdeur par un savant travail mêlant le plein et le vide et noyant l’ensemble sous des harmonies d’un grand coloriste, contient cet héritage. Et même s’il le reniera un temps, Geer finira par lui rendre hommage et lorsque le peintre aura trouvé son propre chemin, il ne cessera de retourner vers ce pays âpre et douloureux—à son image.


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