Évariste JONCHÈRE (1892-1956)

Élevé dans l’amour des arts, à Uzerche, Évariste Jonchère doit abandonner ses études en 1906, en raison des difficultés financières de ses parents. Il quitte alors la Corrèze pour Saint-Mandé, où il suit des cours de dessin et se fait remarquer de ses professeurs. Il entre aux Beaux-Arts en 1908, dans l’atelier d’Antonin Mercié et, en 1909, présente pour la première fois un portrait en plâtre au Salon des Artistes français. Deux ans plus tard, Jonchère s’installe à Montmartre et découvre la vie de bohème. Dès cette année 1911, il expose une nouvelle fois au Salon des Artistes français.

 

Appelé pour son service militaire en 1912 et mobilisé en 1914, il doit délaisser la sculpture pendant sept longues années, mais réalise les portraits de ses camarades de régiment. Son retour du front est difficile, et il choisit de quitter Paris pour une propriété agricole dans l’Ariège. Il continue cependant de sculpter, et projette de décrocher le grand prix de Rome, ambition contrariée en 1919, 1921 et 1923. En 1924, il obtient la deuxième place, et en 1925 décroche enfin le premier grand prix. Pensionnaire à la villa Médicis pour trois ans, il profite de son séjour italien pour visiter également la Grèce et achève plusieurs œuvres à l’Antique, dont Pasiphae et le taureau.

 

En 1930, Jonchère se réinstalle à Paris, donne des cours aux Beaux-Arts du Havre et expose au Salon des Tuileries et à l’exposition coloniale de 1931, lors de laquelle il reçoit un nombre important de commandes. La même année, il s’intéresse au prix décerné par la Société coloniale des artistes français, qui attribue une bourse de deux ans. Il présente au concours des peintures réalisées lors de son séjour à Rome et en Grèce, obtient le prix et s’embarque pour un premier séjour en Indochine et à travers l’Asie, au cours duquel il ne cesse de sculpter et de peindre. Après un bref retour en France en 1937 et plusieurs bas-reliefs et statues (notamment Apollon Musagète pour l’exposition universelle), Jonchère est nommé directeur de l’école des Beaux-Arts d’Indochine en 1938 où il encourage les artisanats d’art locaux, notamment l’art de la laque. Après avoir échappé à un bombardement et à une exécution sommaire, il est contraint de fuir l’Asie en 1946. En 1952, c’est en Afrique qu’il part, cette fois comme directeur de l’école d’artisanat d’art de Brazzaville, où il développe, comme en Indochine, l’artisanat local. Rentré à Paris en 1954, il peine à achever ses commandes et s’éteint deux ans après son retour, en février 1956.

 

Son œuvre, qui témoigne de ses multiples voyages et de ses sources d’inspiration, qu’elles soient italiennes et grecques, asiatiques ou africaines, est en grande part conservée au musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt et au conservatoire d’art et d’histoire de Haute-Savoie.